02Le chantier
Détail du chantier
Maison de village à Cassis, sur trois niveaux, bâtie au XIXe siècle. Rénovation de la salle d’eau du deuxième étage, avec reprise complète des réseaux qui la desservaient.
Un réseau sans plan et sans logique
L’ouverture a révélé ce que nous soupçonnions : trois générations de plomberie superposées dans la même gaine. Du plomb d’origine, condamné mais toujours en place, du galvanisé posé dans les années 1950, et du cuivre ajouté dans les années 1980 en piquage sur le galvanisé.
Les jonctions cuivre-galvanisé présentaient une corrosion galvanique typique, avec un rétrécissement du diamètre utile qui expliquait la pression médiocre dont se plaignaient les propriétaires depuis des années.
Aucun plan n’existait, et le tracé ne suivait aucune logique apparente : les alimentations montaient, redescendaient, traversaient deux fois le même mur.
Les contraintes d’accès
La maison se trouve dans une ruelle interdite aux véhicules. Les matériaux sont montés à la main sur trois niveaux d’escalier étroit, les gravats descendus de même, par sacs. Ce poste figurait en clair sur le devis.
Les planchers sont en bois sur solives, avec un carrelage ancien à conserver dans le couloir. Nous avons relevé la position des solives avant tout percement.
La reprise
Dépose complète des trois réseaux superposés, ce qui a libéré la gaine et rendu possible un tracé rationnel. Repose en multicouche, avec une nourrice en pied de gaine et un départ indépendant par point d’eau — chaque équipement se coupe désormais seul.
Les évacuations, en fonte fissurée, ont été remplacées par du PVC avec ventilation primaire raccordée en toiture sur un conduit existant. L’absence de ventilation expliquait les remontées d’odeur signalées au dernier étage.
Étanchéité liquide complète sous carrelage dans la zone humide, avec remontées sur parois et collerettes aux traversées.
Le résultat
Une pression rétablie à sa valeur normale, des odeurs disparues, et un réseau désormais lisible : nous avons remis un plan coté que les propriétaires ont affiché dans le local technique.
Le plomb condamné a été entièrement déposé, ce qui n’avait jamais été fait — il restait dans les murs depuis un siècle.
Le plomb qui restait dans les murs
Les propriétaires ignoraient qu’il subsistait du plomb dans leur installation. Le tronçon avait été condamné dans les années 1950, sans être déposé : il ne transportait plus d’eau depuis soixante-dix ans, mais il occupait la gaine et compliquait chaque intervention. Sa dépose a libéré la place nécessaire au tracé rationnel que nous voulions poser. Nous vérifions systématiquement ce point dans le bâti d’avant-guerre : un réseau abandonné n’est pas un réseau absent.
